Il y a plus de 2 000 ans, dans les landes sauvages de notre vieille Gaule,
lors du solstice d'hiver, le druide, muni d’une serpette d’or,
allait à la lueur des flambeaux cueillir le gui sur les chênes séculaires.

La plante sacrée était ensuite distribuée au peuple aux cris de « Vive le gui de l’an neuf »
La Guillannéou n’a certainement pas d’autre origine , ,

Récit extrait d'un article de Presse ( 20 décembre 1923 - La petite Gironde)

1865… 5 heures du soir

Nous étions là une dizaine de petits enfants réunis sous la vieille halle du Village, attendant le chef de la troupe, un bambino de 12 ans.
Il ne tarda pas à apparaître, portant d’une main une lanterne et tenant de l’autre un gros baton, notre seule arme offensive
En avant ! et nous partimes pour aller déambuler à travers la campagne. C’était le dernier jour de décembre.
Nous marchions à l’aventure, dans une nuit sans lune, guidés seulement par la faible lumière de la lanterne qui projetait devant nous des ombres fantastiques et singulièrement impressionnantes.
Nous nous serrions spontanément les uns contre les autres jusqu’au moment où nous avions dépassé les géants imaginaires et les bêtes monstrueuses
qui nous guettaient et faisaient se dresser les cheveux sur nos têtes.
Le bruit même de nos pas résonnant en cadence sur la terre glacée nous donnait le frisson et nous restions muets, n’osant pas troubler le silence angoissant de cette nuit de décembre
Une lumière ! et aussitôt nos terreurs s’évanouirent.
Nous nous arrêtions bientôt devant la porte d’une ferme et, rangés en demi-cercle, nous entonnions la guillannéou

« Sont arrivés, sont arrivés
A la maison d’un chevalier
Sont arrivés de vingt à trente
La guillanéou, je vous demande
De vingt à trente chevaliers
La guillaneou nous fait donner

Ouvrez vite la porte lande
La guillanéou, je vous demande
La porte lande pour entrer
La guillanéou nous fait donner

Ah ! mettez nous la nappe blanche
La guillannéou je vous demande
La nappe blanche pour manger
La Guillanéou nous fait donner

Si vous avez la fille grande
La guillanéou, je vous demande
La fille grande à marier,
La guillanéou nous fait donner»

 

 

La porte s’était ouverte toute lande et, notre chant fini, nous pénétrions dans la cuisine, où nous étions reçus à bras ouverts par de braves paysans qui s’empressaient de nous faire prendre une flambée pour réchauffer nos pauvres membres engourdis par le froid.
Puis on mettait la nappe blanche qui disparaissait sous un amoncellement de prunes, de figues, de pommes, de noix, etc
Et, pendant que nous mangions, la femme bourrait nos petits sacs de toutes ces friandises
« Bonsoir, à l’année prochaine ». Et nous repartions pour une autre ferme.
"Sont arrivés ! Sont arrivés « . Nos sacs se remplissaient un peu plus et, vers huit heures, nous rentrions chez nous, un peu fatigués par cette longue randonnée mais fiers d’avoir suivis la route tracée par nos aînés……..

Cette tradition a disparu et bien peu sans doute, connaissent encore cette chanson
.... mais il y a à peine 50 ans, dans les années 50, il était encore d'usage dans les villages d'aller "souhaiter la bonne année" aux voisins !

Je me souviens que le 1er janvier, avec mon frère, nous allions chez les voisins présenter les voeux, au nom de toute la famille sans doute....
et les voisins ne manquaient pas de nous donner une petite poche de pralines et de chocolats fourrés !
Les propriétaires de la ferme dont mes parents étaient les métayers nous offraient aussi un petit jouet

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